Morceaux choisisPour aller plus loin* * * |
LA MORT DE PAPAPère vient de mourir, laissant deux orphelins et un terrible secret. Ayant toujours vécu à l'écart du monde habité, selon les règles de Père, ses enfants devront affronter le monde extérieur et leurs propres démons. Voici la première page du roman.
[...] - J'ai frappé à la porte, dit frère, et père n'a pas répondu. J'ai attendu jusqu'à..., jusqu'à... Frère sortit de son gousset une montre qui n'avait plus d'aiguilles depuis lurette. - ... jusqu'à tout de suite, exactement, et il n'a toujours pas donné signe de vie. Il continua à fixer sa montre vide, comme s'il n'osait plus poser les yeux ailleurs, et je voyais la peur -- la peur et la stupeur -- monter dans son visage comme de l'eau dans une outre. Quant à moi, je venais d'inscrire la date en haut de la page, l'encre en était toute fraîche encore, et je dis: - C'était bien la peine. Mais consultons le rouleau, nous verrons bien. Nous scrutâmes les douze articles du code de la bonne maison, c'est un très joli document, qui remonte à des siècles et des siècles, avec lettrines et enluminures, si je sais ce que ça veut dire, mais il ne s'y trouvait point d'article qui entretînt avec la situation un rapport même lointain. Je replaçai le rouleau dans sa boîte poussiéreuse, la boîte dans son armoire, et je dis à mon frère : - Entre ! Ouvre la porte et entre ! Il se peut que père soit décédé. Mais il se peut aussi que ce ne soit qu'une figette. (Gaétan SOUCY, La Petite Fille qui aimait trop les allumettes, Boréal, 1998) Questions
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