Morceaux choisis
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LA MISSION DU CANADIENLe Canadien paraît pour la première fois le 22 novembre 1806.Ce journal sera l'organe officiel du parti patriote. Étienne Parent (1801-1874) le dirige de 1822 à 1842, adoptant le plus souvent une position modérée face aux visées sécessionnistes des patriotes.
Notre mot d'ordre dans la campagne que nous ouvrons, nous le tirerons des curs de tous ceux pour qui l'amour du pays n'est pas un mot vide de sens; de ceux qui dans la vie jettent les yeux au delà de leur existence individuelle, qui ont un sentiment national, cette belle vertu sans laquelle les sociétés ne seront entre autre chose que des assemblages d'êtres isolés incapables de ces grandes et nobles actions, qui font les grands peuples, et qui rendent les nations un spectacle digne de l'œil divin; ce mot qui sera notre guide dans la carrière épineuse dans laquelle nous faisons le premier pas sera «nos institutions, notre langue, et nos lois». Car c'est le sort du peuple Canadien d'avoir non seulement à conserver la liberté civile, mais aussi à lutter pour son existence comme peuple: c'est ainsi que l'histoire représente nos pères conduisant d'une main la charrue, et de l'autre repoussant les attaques des barbares indigènes. C'est par des efforts et une constance aussi héroïque que nos premiers ancêtres ont créé le nom Canadien. Ce nom que nos pères nous ont légué sans souillure; ce nom dont ils ont soutenu l'honneur sur le champ de bataille, et maintenu l'existence dans nos conseils contre les efforts constants d'une politique aveugle et intéressée, c'est à la génération croissante à le transmettre aussi beau qu'elle l'a reçu. C'est la noble tâche de cette belle jeunesse qui à la voix du peuple, est venue dernièrement se ranger dans les rangs vénérables de nos anciens défenseurs, eux qui ont conduit jusqu'ici, au milieu des écueils, l'arche de la liberté Canadienne. Avec elle nous avons applaudi aux efforts, nous avons admiré les vertus et les talents de ces vétérans patriotes, et avec elle nous travaillerons à suivre leurs traces, et à compléter leur ouvrage. (Étienne Parent, Le Canadien, le 7 mai 1831) |