| Gilles Hénault | |
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Gilles Hénault est né à en 1920 à Saint-Majorique. Il sera journaliste, critique littéraire, traducteur, syndicaliste et professeur. Il participe à la fondation de Liberté, travaille comme recherchiste à la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le multiculturalisme, devient directeur du Musée d'art contemporain de Montréal. Il publie son premier livre en 1946. En 1962, il publie Sémaphore à l'Hexagone. Une rétrospective de son uvre sera aussi publiée sous le titre Signaux pour les voyants en 1972, lequel lui vaut le prix du Gouverneur général. Il reçoit le prix David en 1993. Il est décédé en 1996. |
![]() Photo : Josée Lambert |
| Sémaphore Les signes vont au silence Les signes vont au sable du songe et s'y perdent Les signes s'insinuent au ciel renversé de la pupille Les signes crépitent, radiations d'une essence délétère, chimie de formes cinétiques, filigranes d'aurores boréales. Et tout se tisse de souvenirs feuillus, de gestes palmés éventant l'aire des lisses liesses. Les signes sont racines, tiges éployées, frondaisons de signaux dans le vent qui feuillette son grimoire. C'est l'hiver et le pays revêt sa robe sans couture dans un grand envol de feuilles et de plumes, dans un geste de sorcier saluant les derniers spasmes de la flamme. Sous la voussure du ciel S'allume une bourrasque de sel Signe d'un silence qui sourd du songe et de l'ennui Le silence darde sa lance au cur du paysage soudain cinglé de souffles véhéments et la tempête monte comme une écume de légende pour ternir les bagues de la nuit. L'homme dans le mitan de son âge ne sait plus de quelle rive lui vient la vie (Signaux pour les voyants, 1972, p. 149) |
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