Morceaux
choisis
Antoine Gérin-Lajoie
Claude-Henri
Grignon
Germaine Guèvremont
Louis Hémon
Albert
Laberge
Ringuet
Félix-Antoine
Savard
Pour aller
plus loin
Poètes du terroir
Poètes du
terroir II
Poètes du
terroir III
Arthur Buies
Edmond
Massicotte
Les Exotiques
* * *
Début
du chapitre |
LE
TERROIR DE EDMOND J. MASSICOTTE |
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Edmond-J.
Massicotte est né à Montréal en 1875. Ses dessins parurent dans les revues et journaux
de l'époque. Il illustra aussi plusieurs livres du terroir. Les gravures, reproduites
ici, ont été acquises par le gouvernement québécois. Elles sont conservées au MNBAQ. Massicotte est mort en 1929.
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vue agrandie.) |
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Une veillée
d'autrefois (1915) «Et les veillées les plus populaires sont
les veillées de danse. [...] Tous, du plus jeune au plus vieux, du seigneur jusqu'à
l'engagé, sont «remarquablement fous de la danse». [...] Bien sûr, les curés
et même les évêques vont jusqu'à l'interdire. Mais il semble bien qu'on passe outre,
du moins durant la première moitié du 19e siècle. [...] On danse de tout; tant un vieux
cotillon français endiablé qu'une danse «anglaise» fraîchement apprise des
Irlandais ou des Écossais. [...] Pour certaines danses, les danseurs
eux-mêmes crient les figures qu'ils doivent exécuter; pour d'autres, on
recourt au «caleur».
[...] On a tous les égards pour le «violoneux», car s'il faut des danseurs pour
la danse, il faut un violoneux pour faire danser.» (Jean PROVENCHER, Les Quatre
Saisons dans la vallée du Saint-Laurent, Montréal, Boréal, 1996, p. 555-556) |
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Les sucres (1918)
Dès le mois de mars, l'habitant se rend dans son érablière. Il faut «battre des
chemins», sortir chaudières et chalumeaux (gouterelles), «entailler les
érables», puis quand elles coulent, les «courir» (enfiler des raquettes,
se munir d'un seau, cueillir la sève et la verser dans le tonneau tiré par un cheval),
«allumer la bouilleuse» et faire «bouillir» dans les «pannes» jusqu'à ce que l'eau soit devenue du sirop. On peut continuer
l'évaporation et transformer le sirop en «tire» ou en sucre. |
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Le retour de la messe
de minuit (1919) «Décembre vint amenant les fêtes : la messe de minuit avec les
carrioles dont les patins crissent sur la neige dure. La messe de minuit où, sous les
clairons qui dansent en l'honneur de la naissance de l'Enfant, la nuit boréale s'emplit
de sonnailles cristallines venant de partout, tandis qu'au loin, sur la nappe blanche,
apparaît magiquement servie l'église aux fenêtres flambantes; l'église vers laquelle,
aux étoiles clignotantes dans le ciel noir, tous se dirigent, rois mages allant vers le
Christ nouveau-né à travers le pur désert. » (Ringuet, Trente Arpents,
Fides, 1971, p. 66) |
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La fournée du bon
vieux temps (1920) «Le four à pain est tantôt construit à l'écart, dans la
cour, par crainte des incendies, tantôt carrément dans le fournil, adossé à l'âtre
des gros travaux.» (Jean PROVENCHER,
Ibid. p. 33)
«C'était
là qu'avec beaucoup de soins et de précautions la ménagère faisait cuire sa provision
périodique de l'énorme et excellent pain de ménage à l'odeur forte et chaude qu'on
pouvait déceler même à une bonne distance des bâtiments de la ferme. Au fait le rituel
presque sacré de la cuisson du pain commençait avec la huche, c'est-à-dire ce grand
coffre de bois travaillé où la ménagère pétrissait et faisait fermenter sa pâte de
farine détrempée. Et, quand cette dernière était suffisamment levée, elle était
apportée au four à pain pour la cuisson. (Hector GRENON, Us et coutumes du Québec,
Montréal, La Presse, 1974, p. 60) |
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L'Angélus
(1921) «Il y avait encore l'Angélus qui devait, d'après le rituel, être
récité à genoux trois fois par jour, au son de la cloche. [...] La dévotion de
l'Angélus [...] devait être pratiquée pour nous rappeler l'antique mystère de
l'Incarnation, le matin, le midi et le soir, tous les jours de l'année...» (Hector
GRENON, Ibid. p. 171) |
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Une noce d'autrefois
(1922) «Le registre signé, on se retrouve tous à l'extérieur pour former
cortège à nouveau. [...] Et le défilé se met en marche. les mariés occupent la
première voiture, la fille et le garçon d'honneur, la deuxième, et le violoneux, la
troisième. Les parents et les amis suivent. Tout à la queue se trouvent maintenant les
deux pères. [...] de cette manière, on se rend chez les parents de la mariée.»
(Jean PROVENCHER,
Ibid. p. 488-489) |
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La bénédiction du
jour de l'An (1923) «C'était en général devant l'ancêtre le plus âgé que la
famille entière s'agenouillait pour obtenir cette bénédiction traditionnelle le matin
du premier de l'an. [...] Ainsi, dès son arrivée, le fils aîné, lui-même déjà
marié et père de famille, s'est aussitôt précipité à genoux avec les siens ce
premier de l'an, sans même prendre le temps d'enlever son lourd grément d'hiver. Il
voulait humblement et sans retard être béni par l'aïeul. Et alors, dans un rituel
tout simple, le vieillard, qui a été surpris en bras de chemise, a aussitôt étendu les
mains en silence et a levé les yeux vers le lointain, au-dessus de tous ceux qui étaient
devant lui. En ce moment, toute parole additionnelle ou d'apparat n'aurait rien ajouté.»
(Hector GRENON, Ibid. p. 174) |
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Le magasin général de
jadis (1925) «Le magasin général aura été la première vraie tête de pont de
la société de consommation en milieu rural. Au début, le marchand vendait de menus
articles que les habitants ne pouvaient produire ou fabriquer eux-mêmes : thé, riz, sel,
poivre, mélasse, peintures, teintures, cotonnades. Avec le temps, il offrira à sa
clientèle une gamme de plus en plus variée de produits manufacturés d'usage
domestique.» (Jean PROVENCHER,
Ibid. p. 50) |
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Le mardi gras à la campagne (1911) «Comme certains observateurs le font remarquer, l'image représente mieux la guignolée. «La veille du jour de l'An, on fait une tournée spéciale. Les jeunes gens, par troupes, parcourent les rangs, se présentent à la porte de chaque maison et chantent les traditionnels versets de la guignolée, ou du gui l'an neu', avec leur saveur de druidisme antique. Les sacs s'emplissent de beignes, de tourtières et d'autres victuailles qui, le lendemain, égayeront la table du pauvre. » (Léon Gérin) |