Morceaux choisis

Michel Beaulieu

Claude Beausoleil

Normand Chaurette

Ying Chen

Hélène Dorion

Sergio Kokis

Christian Mistral

Hélène Monette

Wajdi Mouawad

Maryse Pelletier

Monique Proulx

Gaétan Soucy

Sylvain Trudel

Yolande Villemaire

Pour aller plus loin

Trevor Ferguson

Les premières nations

* * * 

Début du chapitre

FLEURONS GLORIEUX

Généralement, les écrivains préfèrent retenir la vie dans ses manifestations les plus vives, les plus marquantes, les plus insaisissables... Or, dans les années quatre-vingt, certains poètes vont puiser leur inspiration dans le quotidien. D'ailleurs, on appelle «La poésie du quotidien» cette tendance. C'est en partie le projet de Michel Beaulieu dans ce poème.

tu vas
tu vaques à tes affaires
tes navigations coutumières
dans la fluidité de la ville
où se rétrécit ton territoire
jusqu'à la peau de chagrin
comme tout un tu te débrouilles
tant bien que mal et plutôt mal
que bien sur le plan pécuniaire
tu écoutes chaque soir ou presque
attentivement le journal
télévisé la voix de catherine
bergman et celles
des correspondants à l'étranger
depuis quand gardes-tu
tes distances devant l'histoire
le passé l'avenir
tu as beau te dire sait-on
jamais tu vis dans la tranquille
assurance du lendemain
jamais tu ne rentreras pas
jamais tu n'abandonneras
derrière toi tes familles

(Michel BEAULIEU, Kaléidoscope, Noroît, 1984)


Questions

  1. Est-ce que l'espace urbain «élargit les horizons»? (strophe 1)

  2. Les relations humaines (amoureuses) comblent-elles l'individu? (strophe 5)

  3. En quoi la strophe 6 est-elle différente?

  4. Que devient l'individu dans la ville? (strophe 9)