|
|
|
1763 Par le traité de Paris, la France cède le Canada à l'Angleterre. L'élite retourne en France. Population : environ 70 000. La Nouvelle-France devient «The province of Quebec», la 15e province anglaise en Amérique. 1774 L'acte de Québec : les Canadiens retrouvent ce qu'ils avaient perdu. Les Anglais craignent que l'esprit révolutionnaire, qui anime les états américains, gagne aussi les Canadiens. 1775 Une invasion américaine est repoussée. Montgomery et Arnold sont défaits. 1776-83 La guerre d'Indépendance américaine : les treize colonies se séparent de l'Angleterre. 1783... Les Loyalistes, pour rester fidèles à l'Angleterre, émigrent au Canada. Certains s'installent dans les Cantons-de-l'est. Leur arrivée affaiblit la majorité canadienne-française qui voit d'un mauvais œil leur implantation en territoire québécois. 1789 La Révolution française. Les révolutionnaires n'attirent guère la sympathie. On s'en méfie. Les Canadiens prennent leur distance face à la France moderne, lui préférant celle de l'Ancien Régime. On n'admet pas que le roi ait été décapité et que les églises aient été profanées. Certains iront jusqu'à dire que la Conquête fut un mal pour un bien. 1791 L'Acte constitutionnel : le Canada est séparé en Bas et Haut Canada. On institue un régime parlementaire. Les Canadiens «votent les lois» à la chambre des députés. Les conseils exécutifs et législatifs sont nommés et non élus. En outre, ils ne sont pas «responsables» devant l'Assemblée. Les Canadiens font élire 34 députés (sur 50) lors des premières élections de 1792. Les marchands anglais et les Loyalistes sont mécontents. Une lutte politique s'engage entre les Anglais et les Canadiens. 1800 La compagnie du Nord-Ouest emploie 1200 voyageurs et interprètes canadiens de langue française. 1803 Première usine de pâte et papier. Le bois va remplacer les fourrures au XIXe siècle. Les voyageurs vont devenir bûcherons.
1812-13 Guerre contre les Américains : comme preuve de loyauté, Michel de Salaberry et 300 Canadiens arrêtent les Américains (8 000 soldats) à Châteauguay. Les Canadiens vont beaucoup glorifier ce fait d'armes. 1814 Louis-Joseph Papineau est chef du parti canadien qui deviendra le parti des patriotes. 1822 Les marchands anglais présentent un projet d'union des deux Canadas, ce qui les rendrait majoritaires et leur permettrait de gouverner en fonction de leurs intérêts. 1830 Selon l'historien Michel Bibaud, seulement 2 000 des 400 000 Canadiens savent écrire le français. Autrement dit, le Canada francophone est devenu analphabète. 1830-32 Une forte récession économique et le choléra (6 000 morts), propagé par des immigrants, accentuent le mécontentement des francophones à l'égard de l'administration anglaise. 1834 Les Canadiens se rendent à Londres et présentent 92 résolutions pour amender la Constitution de 1791. On réclame l'électivité de l'Assemblée législative et des pouvoirs politiques accrus (responsabilité ministérielle, administration des taxes). Comme mesure de pression, on refuse de voter le budget. Lors des élections, le parti patriote balaie le Québec. 1836 Le gouverneur anglais, Gosford, suspend l'assemblée.
1838 Les troubles reprennent. Le soulèvement est organisé à partir des États-Unis. Les patriotes, menés par Robert Nelson, proclament l'indépendance du Bas-Canada. Mal armés, ils sont facilement vaincus par les troupes anglaises. Mille patriotes sont arrêtés, soixante sont déportés, quatre-vingt-dix-neuf sont condamnés à mort et douze sont pendus. Plusieurs villages sont incendiés. Les droits civils et l'assemblée parlementaire sont révoqués. 1839 Lord Durham présente son rapport. 1840 Le Bas et le Haut-Canada fusionnent : les Canadiens français sont minorisés, donc menacés d'assimilation, comme le souhaite ouvertement Lord Durham. 1840 Louis-Hippolyte La Fontaine publie un manifeste qui rallie la plus grande partie de la société canadienne-française : selon lui, il vaut mieux accepter l'Union, tout en continuant à lutter pour la survie de la nation canadienne-française. Il s'allie aux réformistes du Haut-Canada. Ensemble, ils reprennent la lutte pour obtenir le gouvernement responsable. De cette alliance naîtra le parti libéral. 1846 Londres abolit les privilèges financiers qu'elle accordait à ses colonies et accorde au Canada-Uni le gouvernement responsable. Le Canada se libère en partie de son lien colonial. 1854 Le régime seigneurial est aboli.
1867 La confédération canadienne. John MacDonald devient le premier ministre du Canada. Pierre J. O. Chauveau devient le premier ministre du Québec. Les luttes constitutionnelles seront mises de côté jusqu'aux années 1960. 1871 Le Nouveau-Brunswick condamne les écoles françaises. En 1890, le Manitoba supprime les écoles séparées et interdit le français. En 1912, l'Ontario limite l'usage du français dans les écoles. Morale : en dehors du Québec, il n'est point de salut pour les francophones. 1884 Les métis se soulèvent. Louis Riel, leur chef, est pendu. Le Québec se soulève et élit en 1886 Honoré Mercier, un nationaliste notoire. 1895 Un groupe d'écrivains, las du patriotisme de leurs aînés, décident qu'il est temps de renouveler la littérature canadienne-française et fondent l'École littéraire de Montréal. «C'est une école sans maître que l'École littéraire; nul n'a le droit d'y élever la voix plus haut que son voisin» (Charles Gill) Ils s'inspirent de certains courants artistiques français comme le symbolisme et le parnasse. Émile Nelligan fera la gloire du mouvement. L'école, dans sa version originale, aura une vie très courte. À partir de 1910, elle explorera la veine du terroir (faire revivre le passé, les traditions, exalter le caractère campagnard du Québec). Il faut voir, dans cette école, une tentative avortée d'amener la littérature sur le terrain d'une certaine modernité. 1896 Wilfrid Laurier est élu premier ministre du Canada. «Nous sommes Canadiens français, mais notre patrie n'est pas confinée au territoire ombragé par la citadelle de Québec...» (Discours sur le rôle de la race française en Amérique, 1889) 1902 Fondation de la Société du parler français par Adjutor Rivard et Stanislas Lortie. 1910 Henri Bourassa fonde Le Devoir. Pour lui, la religion constitue le premier élément de la nationalité canadienne-française. C'est un défenseur de la petite entreprise et de l'agriculturisme. 1914 Participation du Canada à la Première Guerre mondiale. En 1917, la lutte contre la conscription fera quatre morts. 1917 Première parution de la revue L’Action française qui deviendra L'Action canadienne-française en 1927, puis L'Action nationale en 1932. Cette revue, dont le plus illustre membre est Lionel Groulx, défend les intérêts de la nation canadienne-française. 1919 Le chanoine Lionel Groulx commence la publication de son Cours d'histoire du Canada. Pour lui aussi, le messianisme et l'agriculturisme sont les nerfs de la nationalité canadienne-française. En outre, il accorde beaucoup d'importance au passé, à la glorification des héros. Il va plus loin que certains prédécesseurs en affirmant que la province de Québec est l'État des Canadiens français.
Lien sur internet : Les Patriotes, 1837-38 |
|
|