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L'ORIGINE DE L'EXPRESSION  «Révolution tranquille»

«L'expression Quiet Révolution, employée pour la première fois par un journaliste du quotidien torontois Globe and Mail pour décrire les changements amorcés au Québec après 1960, est vite reprise en français par les leaders politiques et les intellectuels et se charge d'un contenu symbolique considérable. Les nombreux auteurs qui ont écrit à ce sujet ne s'entendent ni sur la définition du vocable, ni sur la période à laquelle il s'applique.

Au sens strict, la Révolution tranquille désigne habituellement la période de réformes politiques, institutionnelles et sociales réalisées entre 1960 et 1966 par le gouvernement libéral de Jean Lesage. [...] Au sens large, l'expression est aussi utilisée pour caractériser l'ensemble des décennies 1960-1970, marquées par le triomphe du néo-libéralisme et du néo-nationalisme et par une remarquable continuité dans les orientations des divers gouvernements qui se succèdent à Québec.» (René DUROCHER, Paul-André LINTEAU, François RICARD et Jean-Claude ROBERT, Le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p. 393)

AU FIL DE L'HISTOIRE


Jean Lesage

1960 Le 27 avril 1960, l'unioniste Antonio Barrette déclenche des élections. Ses adversaires libéraux sont Jean Lesage et son «équipe du tonnerre», dont fait partie René Lévesque. Avec des slogans comme «Il faut que ça change!» et «Maître chez nous!» l'équipe de Lesage l'emporte. Ici, commence officiellement la Révolution tranquille, même si elle était déjà en marche depuis plus de 10 ans pour les artistes et certains intellectuels.

1960 Le 6 septembre paraît un essai qui, en l'espace de quelques semaines, devient un best-seller : Les Insolences du frère Untel. L'auteur, Jean-Paul Desbiens, porte une attaque virulente contre le système d'éducation, contre l'immobilisme («On s'imagine qu'il n'y a qu'un seul moyen de marcher droit, ne pas partir; un seul moyen de ne pas se tromper, ne pas chercher.»), contre l'esprit de domination du clergé («On renonce à l'argent, on renonce à la chair, on ne renonce pas au pouvoir. Pauvre et chaste, mais écrasant.»)

1962 Le parti libéral nationalise de l'électricité au profit de l'Hydro Québec.

1963 De 1963 à 1970, le FLQ va poser environ 90 bombes. Les felquistes s'en prennent à tous les symboles britanniques, au gouvernement fédéral (monuments, boîtes aux lettres, centres de recrutement de l'armée...) et au grand capital.

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Jean Drapeau qui discute avec une touriste. (ANC)

1964 Le parti libéral créée le ministère de l'Éducation. Pierre Bourgault devient président du RIN, mouvement indépendantiste créé en 1960. Le 10 octobre, la visite de la reine Élisabeth ll donne lieu au «Samedi de la matraque».

1965 Le 24 mai, une manifestation contre la célébration de la fête de la reine Victoria se termine dans la violence : 203 arrestations, 13 policiers blessés.

1966 Daniel Johnson (père) est élu premier ministre du Québec.

1967 L'Expo 67 connaît un succès inespéré : 50 000 000 de visiteurs. L'impact culturel est très important. Le Québec sort une fois pour toutes de son isolement. Sur le balcon de l'hôtel de ville de Montréal, le général de Gaulle lance : «Vive le Québec libre!» sous les acclamations de la foule.

1968 Lors du défilé de la Saint-Jean, de violentes échauffourées se déroulent entre les manifestants indépendantistes et la police : 300 arrestations. Pierre Trudeau est pris à partie par les manifestants. René Lévesque fonde le  parti québécois (le PQ).

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Cette nuit de poésie (1970) est demeurée mémorable. On en a même fait un film (BNQ)

1970 Robert Bourassa prend le pouvoir. Il promet de créer 100 000 emplois. La crise d'Octobre éclate. Richard Cross et Pierre Laporte sont enlevés par des membres du FLQ. Les autorités politiques déclarent la Loi des mesures de guerre. L'armée investit Montréal. Les libertés civiles sont suspendues. Quatre cents personnes sont arrêtées sans mandat, dont Gaston Miron, Pauline Julien, Gérald Godin...

1972 Les 200 000 employés du gouvernement font la grève. Les chefs syndicaux sont emprisonnés.


René Lévesque salue les partisans après l'échec du référendum

1974 Par la loi 22, le gouvernement libéral de Robert Bourassa proclame le français comme langue officielle au Québec. L'accès à l'école anglaise est limité à ceux et celles qui réussissent un test de classement. Ni les anglophones ni les francophones sont contents.

1976  Montréal présente les Jeux Olympiques. Contre toutes attentes, le PQ est élu

1977 Le parti québécois adopte la loi 101 sur la langue : la primauté est accordée au français sur le marché du travail et dans l'affichage. Le choix d'une langue d'enseignement est limité.

1980 Le référendum donne lieu à des débat souvent houleux : le non l'emporte (60%-40%).



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