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Hubert Aquin (1929-1977)
est durement éprouvé par la situation politique québécoise du début des années
1960. En 1965, Prochain épisode le
propulse au rang des écrivains majeurs. Dans les milieux universitaires, on le considère
parfois comme le plus grand écrivain québécois des années 60. Son style est très riche :
les phrases sont longues et très métaphoriques. Ses récits sont savamment
construits : Aquin aime les histoires qui contiennent de multiples intrigues,
finement entrelacées. Il ira jusqu'à organiser son suicide, survenu en 1977.
Gérard Bessette (né en 1920) est un professeur d'université et
un critique littéraire qui a écrit une uvre romanesque assez diversifiée :
si ses premières uvres sont réalistes, ses dernières appartiennent plutôt au
courant de la modernité. Aujourd'hui, on retient surtout Le Libraire (1960), petit
roman au style dépouillé à la Camus, qui dénonce avec beaucoup d'ironie
l'hypocrisie qui règne dans la société québécoise d'avant la Révolution tranquille.
Marie-Claire Blais (née en 1939) devient célèbre à vingt ans avec son roman La
Belle Bête, écrit à 17 ans. Mais c'est Une saison dans la vie d'Emmanuel qui
la lance sur la scène internationale. Cette uvre, une parodie virulente du roman du
terroir, lui vaut le prix Médicis en 1966. Tout y est sombre, noir, désolant, à
commencer par la famille qui compte onze enfants, dirigés d'une main ferme par une
grand-mère toute puissante. Comme le démontrent ses uvres subséquentes, Blais
affectionne les marginaux, les êtres blessés. Et sa vision assez pessimiste de
l'humanité est tempérée par l'humour, du moins dans ses premiers romans.
Jacques
Brault (né en 1933) est, après Gaston Miron, celui dont l'œuvre poétique semble
la plus durable. Sa poésie, très lyrique au début, éclate dans Mémoire
(1965). «Suite fraternelle», l'un des poèmes du recueil, fait partie des classiques
de la littérature québécoise. Beaucoup d'autres recueils, à l'écriture plus
minimaliste, vont suivre, dont Il n'y a plus de chemin (1990).
Rock Carrier (né en 1937) est surtout connu pour La Guerre, yes
Sir! (1968) Carrier ne craint ni la caricature ni les situations burlesques, si bien
qu'on ne s'ennuie jamais dans ses uvres. Il décrit l'aliénation du peuple
québécois, le plus souvent avec beaucoup de truculence.
Paul Chamberland (né en 1939) connaît une grande renommée au
début des années 1960. Terre Québec et L'Afficheur hurle, deux recueils
très nationalistes, d'où n'est pas exclue une certaine violence verbale («si j'avais
des mitrailleuses je vous cinglerais de balles»), lui valent les surnoms de «poète
rebelle» ou de «poète combattant». Chamberland sera le principal poète de Parti
pris, un mouvement beaucoup plus radical qui a succédé à l'Hexagone. Dans ses
recueils ultérieurs, Chamberland plonge dans la contre-culture et fait la promotion d'une
révolution planétaire.
Marcel
Dubé (né en 1930) fut le premier grand dramaturge québécois. Il se fait
connaître, dans les années 1950, par des pièces qui mettent en scène le milieu
populaire : Zone (1953), Un simple soldat (1958), Florence
(1960). Dans sa deuxième période, Dubé s'intéresse au milieu bourgeois : Au
retour des oies blanches (1966) et Un beau dimanche (1968) sont ses plus belles
réussites. Dubé aime les personnages en crise : ce sont souvent des lâcheurs, des
démissionnaires, des tricheurs qui sont obligés de dévoiler leur véritable visage.
Réjean
Ducharme (né en 1941) est à la fois le romancier de L'Avalée des avalés
(1966), le scénariste de films renommés (Les Bons Débarras), l'auteur de
chansons à succès de Robert Charlebois et le dramaturge de pièces qui ont fait du
bruit, comme Inès Pérée et Inat Tendu (1976). Pourtant, il est difficile de
parler de cet écrivain car, dans toute sa carrière, il n'a accordé qu'une seule
entrevue et, depuis maintenant 30 ans, il se cache. Son uvre, caractérisée par une
imagination verbale complètement débridée, met en scène des enfants à la fois tendres
et cruels, aux prises avec un monde qu'ils refusent de toutes leurs forces. Si l'influence
sur ses pairs était le seul critère pour juger de la valeur d'un écrivain, il ne ferait
aucun doute que Ducharme serait le plus grand.
Jacques Ferron (1921-1985) est né à Louiseville (Maskinongé). En
1946, il devient médecin et pratique deux ans à Petite-Madeleine en Gaspésie, avant de
revenir à Montréal. Un peu comme Miron, il est «choqué» par la situation
d'infériorité des Canadiens français. Il s'engage, écrit de multiples lettres aux
journaux, fonde le parti Rhinocéros (en 1963). Il publie des contes, des romans, des
textes dramatiques. Citons Contes du pays incertain (1963), Les Confitures de
coings (1965), L'Amélanchier (1970) et Le Saint-Élias (1972).
Jacques Godbout (né en
1933) est romancier, essayiste, cinéaste. Dans son uvre la plus connue, Salut
Galarneau (1967), il met en scène François Galarneau, un jeune qui tient un «stand
à patates frites» et qui écrit à ses heures.
Gatien Lapointe (1931-1983) a écrit deux des plus beaux recueils
de poésie québécoise, Ode au Saint-Laurent et Le Premier Mot. Dans le
premier, Lapointe traduit son attachement au pays, par un souci de nommer les paysages
(«C'est ici le plus beau paysage du monde»), d'inventorier les lieux. Lapointe célèbre
le pays réel, physique, mais aussi le pays du cur, celui que chacun porte en soi.
Gaston
Miron (1928-1996) est l'un des fondateurs de l'Hexagone. Il en fut le principal
animateur. Il est aussi l'une des figures marquantes de la littérature québécoise et de
la poésie francophone contemporaine. Il a travaillé dans l'édition, s'est beaucoup
impliqué socialement et politiquement. Aucun poète n'incarne mieux la poésie
québécoise au tournant des années 1960. Ses thèmes de prédilection sont l'amour et le
pays. Il a publié trois recueils : Deux sangs avec Olivier Marchand en 1953, L'Homme
rapaillé en 1970 et Courtepointes en 1975. Ses poèmes ont été traduits en
plusieurs langues. Il a remporté plusieurs prix littéraires, ici et en France.
Michèle
Lalonde (née en 1937) est considérée comme la passionaria des lettres
québécoises. Son poème «Speak White» fut récité et acclamé
lors de la Nuit de la poésie tenue à Montréal en 1970. Ce poème sera publié
sous forme d'affiche. La poéte y décrit la condition des francophones (et des autres
minorités) en Amérique du Nord.
Jacques Poulin (né en 1937) est le plus américain des
romanciers québécois. Son style est très dépouillé, ses intrigues très minces. On
dit de lui qu'il est le romancier de la tendresse, de la douceur. Il a créé au
fil des œuvres un univers, où reviennent les mêmes personnages, un monde un peu
triste, non dépourvu d'humour. Ses plus grands
romans : Jimmy (1969), Les Grandes Marées (1978), Volkswagen blues
(1984) et Le Vieux Chagrin (1989).
Michel Tremblay
(né en 1942) est le plus célèbre dramaturge québécois. Sa pièce, Les Belles-Sœurs
(créée en 1968), a connu du succès, ici comme à l'étranger. Par la suite,
l'auteur a produit une uvre considérable, à la fois des pièces de théâtre et
des romans. La grande force de Tremblay, c'est sa capacité de toucher tous les publics.
Son uvre principale donne vie à un quartier bien précis de Montréal, le plateau
Mont-Royal. Tremblay s'est aussi beaucoup intéressé aux marginaux, homosexuels et
travestis. Depuis 1978, il se consacre aussi au roman et au récit autobiographique.
Anne Hébert (née en 1916), Yves Thériault (1915-1983), André
Major (né en 1942) et Victor-Lévy Beaulieu (né en 1945) sont aussi des
romanciers importants des années 60-80. Du côté du théâtre, il faudrait citer Jean
Barbeau (né en 1945). Il faudrait nommer aussi Fernand Ouellette (né en 1930), Yves Préfontaine (né en 1937),
Gérald Godin (1938-1994) et tous les chansonniers
qui ont chanté le thème du pays. Il faut aussi citer le mouvement des femmes
autour de Nicole Brossard, Madeleine Gagnon, France Théoret, Louky
Bersianik, Denise Boucher. Enfin, il faut souligner la contribution importante de
certains poètes qui ont fait leurs débuts dans d'autres mouvements avant de joindre
l'Hexagone : Roland Giguère, Paul-Marie Lapointe et Gilles Hénault. On trouvera une bio-bibliographie de ces auteurs dans les sites suivants :
L'Île et Cyberscol.
Liens internet
Victor-Lévy Beaulieu
Jacques Ferron
Jacques Ferron (site de Radio-Canada)
Gaston Miron
Gaston Miron : parole de poète
Michel Tremblay
Les Poètes de
l'Hexagone
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