Le terroir

 


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INTRODUCTION

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Clarence Gagnon (1881-1942), La Récolte, McMichael Canadian Art Collection

Le terroir va fleurir beaucoup trop longtemps au Québec. Qui dit «terroir» dit «terre», «patrimoine», «traditions». En fait, pendant plus de cent ans, malgré quelques modestes tentatives de le reléguer aux oubliettes (celles de l'École littéraire de Montréal et des «Exotiques»), ce courant va dominer la scène littéraire, de concert avec le courant patriotique.

Même quand la société québécoise va devenir majoritairement urbaine (aux alentours de 1910), le terroir demeurera la principale source d'inspiration de nos écrivains. Maria Chapdelaine de Louis Hémon et tout un courant, qui s’est donné comme mission de «nationaliser» la littérature canadienne, vont contribuer à son succès.

La veine va produire ses plus beaux fleurons dans les années 1930 (alors que le mouvement est en déclin) et finira par s'épuiser aux alentours de la Deuxième Guerre mondiale.

Si le terroir occupe aussi longtemps l'avant-scène, c'est qu'il repose sur l'omniprésente idéologie de conservation, elle-même soutenue par le clergé et les élites traditionnelles.



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