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Beaucoup d'auteurs du XlXe siècle appartiennent à ce courant : Patrice Lacombe, Antoine Gérin-Lajoie, Pierre-J.-O. Chauveau, Pamphile Lemay, Nérée Beauchemin, William Chapman... Il faudrait citer aussi un auteur du XXe siècle qui  prend le milieu rural pour cadre sans en faire l'objet principal de son roman : ainsi procède Rodolphe Girard dans Marie-Calumet (1904).  Pourtant, là n'est pas l'essentiel. Les auteurs, qui laisseront leur marque, ceux qui donneront au genre ses lettres de noblesse, publieront entre 1913 et 1945. Les voici.

Louis Hémon (1880-1913), un aventurier français, n'a passé que dix-huit mois au Québec. Il avait déjà écrit (sans réussir à les publier) quelques romans, avant de venir au Canada probablement dans le but de trouver de nouvelles sources d'inspiration. Son séjour, comme aide-fermier, à Péribonka, au Lac-Saint-Jean, lui inspire Maria Chapdelaine (1913). Son roman terminé, il l'envoie à son éditeur français et décide de reprendre la route, cette fois-ci vers l'Ouest canadien. Malheureusement, il est happé par un train dans le nord de l'Ontario, si bien qu'il ne saura jamais que son roman fut l'un des plus gros succès d'édition de son temps. (Pour en savoir plus)

laberge.gif (81513 octets)Albert Laberge (1871-1960) est fils de cultivateur, mais il n'apprécie guère ce mode de vie. Il assiste à la première réunion de l'École littéraire de Montréal, le 7 novembre 1895. Il pratique le journalisme (rédacteur sportif, critique artistique) au journal La Presse. La Scouine paraît en extraits à partir de 1903. Son roman est intéressant, car il présente une image férocement antipathique du milieu paysan, ce qui lui valut la censure du clergé. Il le publiera à compte d'auteur en 1918.  Il écrira plusieurs recueils de nouvelles. (Pour en savoir plus)

Claude-Henri Grignon (1894-1976) travaille d'abord comme fonctionnaire et journaliste avant de se faire connaître comme romancier, essayiste et critique littéraire (sous le pseudonyme de Valdombre).  Il publie Un Homme et son péché en 1933. Son roman, adapté avec un succès incomparable en radio-roman, en téléroman et en film, est devenu une œuvre mythique.

Ringuet (1895-1960), de son vrai nom Philippe Panneton, possédait un esprit sarcastique à la Voltaire. Il était médecin, ce qui lui permit de côtoyer les humbles gens. Il voyagea beaucoup, fit du journalisme, avant de devenir ambassadeur du Canada à l'étranger. Il publia Trente arpents en 1938. Dans ce roman, il montre que le monde rural est en train de changer, contrairement à ce que prétendaient les agriculturistes purs et durs. En effet, on assiste à l'apothéose, puis au déclin d'une famille de paysans, les Moisan. Ce roman raconte aussi l'exode des nombreux Canadiens français vers les manufactures des états du Nord-Est américain. (Pour en savoir plus)

Félix-Antoine Savard (1895-1982) fut prêtre, puis monseigneur. Il a côtoyé les forestiers dans sa jeunesse et pendant ses premières années de vie religieuse. Il a été co-fondateur de la ville de Clermont. Il s'est beaucoup impliqué dans la colonisation de l'Abitibi, au début des années 1930. En 1937, il publie un roman-poème, Menaud maître-draveur, dans lequel il exprime sur un ton épique sa ferveur nationaliste. Il écrira d'autres romans, sans jamais retrouver le ton de Menaud. En 1943, il devient professeur à l'Université Laval.

 Germaine Guèvremont (1893-1968) a longuement pratiqué le journalisme avant d'entamer sa carrière d'écrivaine. Elle s'est d'abord fait la main en écrivant des nouvelles, où elle décrit le milieu et les personnages qui s'incarneront dans Le Survenant (1945). Plusieurs critiques considèrent que ce roman et sa suite, Marie-Didace (1947), forment l'œuvre la plus achevée de la littérature du terroir. Ils eurent un succès immédiat en France et aux États-Unis. Cette œuvre fut adaptée par Madame Guèvremont et devint l'un des premiers téléromans de la télévision québécoise. L'auteure s'intéresse davantage aux personnages, à leurs sentiments, à leur vie communautaire qu'aux travaux des champs, ce qui peut expliquer que Le Survenant ait mieux vieilli que la plupart des romans du terroir.


Liens internet

Musée Louis-Hémon

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